Concours Archigénieur 2020
UN DISPENSAIRE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ
Adikouassikro est un village de 1186 habitants, situé dans la région d’Agneby-Tiassa au sein du district des Lagunes, dans le sud forestier de la Côte d’ Ivoire. Comme beaucoup de villages en Côte d’Ivoire, il vit essentiellement de l’agriculture (cultures d’exportation et cultures vivrières) ce qui explique son emplacement géographique particulièrement isolé.
Le réseau routier est cependant très limité et consiste principalement en des routes de terre difficilement carrossables, voire impraticables en saison des pluies. Ce manque d’infrastructures participe également à l’isolement du village. Par ailleurs, les habitants possèdent très peu de moyens de transports, il faut parfois attendre plusieurs heures / jours avant qu’un véhicule ne desserve le village.
L’accès aux soins, dispensé dans les villes voisines s’avère donc très limité. De cette situation découle de lourdes conséquences sur la santé des villageois. Les maladies les plus courantes peuvent s’aggraver, la santé des enfants est fragile, la maternité peu encadrée, les blessures engendrées par le travail agricole sont mal soignées, etc. D’autre part, la situation géographique et le climat exposent les habitants à des maladies nécessitant des soins spécifiques comme la dengue, le paludisme, etc.
Au-delà des soins concrets auxquels les villages n’ont pas accès, le manque d’information sur la santé est aussi important. Des mesures sanitaires de prévention, ou des mesures simples d’hygiène préviennent parfois des maladies, mais sans ces informations les villageois s’exposent d’autant plus à des situations qui pourraient être évitées.
Par-dessus tout, les habitants de ces villages isolés peuvent parfois être réfractaires à la médecine moderne. La médecine traditionnelle est la première forme de médecine connue par les populations et souvent la seule en laquelle ils ont réellement confiance. Ils préfèrent se soigner avec des plantes et des techniques issues d’un long héritage qu’avec des médicaments.
Le cas d’Adikouassikro peut être généralisé à l’échelle de beaucoup de villages de Côte d’Ivoire. Leur donner un accès à un équipement de santé de proximité semble primordial et urgent, c’est pourquoi nous avons choisi ce site pour l’implantation de notre projet.
PISTES DE SOLUTIONS ENVISAGEES
Amener la santé au cœur de ces petits villages est indispensable, nous avons donc choisi de proposer une forme de dispensaire qui soit facile à mettre en œuvre et peu couteuse, et pourquoi pas être adaptable à d’autres villages dans des situations similaires.
Les disciplines pratiquées seraient également adaptées en fonction des différentes pathologies observées dans chaque cas et des besoins, qui peuvent varier selon la population et la situation géographique.
Afin de favoriser la communication et le partage d’informations, ce dispensaire devra intégrer un lieu d’échange, pour injecter une dimension sociale.
Pour permettre l’acceptation de ce nouvel équipement par les habitants, la médecine traditionnelle pourrait être mise au service de la médecine moderne, assurant ainsi une perpétuation des techniques traditionnelles, tout en ajoutant les savoirs de cette médecine aux techniques actuelles et en rassurant les habitants.
AXES MAJEURS DU PROJET
Une typologie adaptable
Modules et typologies d’ouvertures
L’utilisation de modules rectangulaires simples permet de ne pas figer les salles dans une fonction précise, mais d’accueillir une variété de programmes. C’est l’aménagement intérieur et les typologies d’ouvertures qui, une fois positionnés permettront d’adapter chaque module à un usage spécifique.
Modèles de formes rurales
L’observation de l’agencement du bâti d’Adikouassikro, et de la plupart des villages de Côte d’Ivoire, révèle un habitat d’apparence dispersé mais qui en réalité s’organise par regroupements de maisons s’agençant autour d’une cour commune. Cette forme urbaine est intéressante en termes de liens sociaux. Notre projet s’inspire de cette forme pour agencer les modules, de manière non rigide et génératrice d’espaces variés.
Modèles de formes architecturales
Les dispensaires qui se construisent peu à peu dans ces régions isolées, présentent en certains points des similitudes dans leur forme architecturale. Ils consistent souvent en deux blocs reliés par un espace d’attente et de distribution couvert mais non clos, et à l’avant une galerie ouverte sur l’espace public. Nous avons choisi de réinterpréter ces deux éléments dans notre projet :
- L’agencement des modules évoqué plus haut génère un espace central que l’on peut retravailler en espace d’attente et de distribution ;
- Le principe de galerie ouverte est utilisé pour créer un espace abrité pouvant servir de lieu d’échange et d’information et créant ainsi un lien entre le bâtiment et la rue.
Dimension sociale des espaces créés
Le lieu d’échange, lien avec le village
Un espace non clos, adossé au mur de façade du dispensaire, ombragé, quelques bancs… Cela pour offrir aux habitants un endroit pour s’abriter, se rencontrer, échanger. Situé à l’entrée du dispensaire et ouvert sur le village, il permet à tous d’y passer, s’y arrêter, écouter sans avoir à rentrer dans l’équipement de santé. Un premier contact avec les plus réticents peut alors être créé, une première étape vers la sensibilisation et l’éducation des populations.
La métaphore de l’arbre à palabres
L’arbre à palabres est un lieu de rassemblement sous lequel les villageois se réunissent pour discuter. L’espace central généré par les modules se prête à cette tradition de rencontre et de lien social. Distribuant tous les modules, c’est l’endroit idéal pour l’attente et l’échange entre les patients et les accompagnateurs. La toiture joue le rôle de l’arbre à palabre, et relie les modules entre eux.
Les jardins
Délimités par deux façades de modules disposés de manière perpendiculaire d’une part, et par la végétation alentour d’autre part, les jardins offrent un espace plus intime. Les patients et leur famille et amis peuvent se retrouver à l’abri des regards, dans un cadre reposant. Depuis l’espace d’attente, des percées visuelles sur la végétation entre les modules suscitent l’intrigue et laissent dessiner la promesse d’un lieu de repos.
Des noms ethniques
On dénombre plus de 60 ethnies en Côte d’Ivoire, et autant de langues encore pratiquées, en particulier dans les villages. Il semble indispensable de nommer les modules de soins selon leur appellation dans la langue locale et ce, de manière adaptée à chaque région, chaque ethnie, les Baoulés dans le cas d’Adikouassikro. Cette attention participe de l’acceptation et l’appropriation par les populations locales.
Choix du programme
Nous avons choisi de faire un équipement de petite échelle pour répondre aux besoins primaires du village. Plutôt que de parcourir des kilomètres tant bien que mal pour rejoindre les villes, il est indispensable de pouvoir répondre sur place aux soins de premiers recours.
- Une salle de consultation pour les premiers soins – Permettre aux habitants de bénéficier d’un suivi, en particulier pour les enfants afin de réduire le taux de mortalité infantile.
- Une salle d’observation pour deux patients - Il s’agit de donner la possibilité de séjour à moyen terme, afin de suivre un patient en attente d’être transféré vers un hôpital.
- Une salle de vaccination – Les maladies comme le paludisme sont très récurrentes dans ces régions exposées à la chaleur et à l’humidité.
- Deux salles d’accouchement – Les grossesses ne bénéficient pas d’un suivi et les accouchements sont peu encadrés ce qui augmente rapidement les facteurs de risque et le taux de mortalité.
- Pharmacie – Donner l’accès aux médicaments, traditionnels ou modernes avec conseils avisés.
- Espaces fonctionnels : bureau, sanitaires, douches, salle de pause pour le personnels.
L’architecture traditionnelle au service de l’architecture moderne
Des matériaux biosourcés
L’emploi de matériaux locaux présente de nombreux avantages économiques, écologiques et éthiques. Ils n’ont pas de coût d’importation puisque présents sur place, et un coût moindre car en abondance. Leur mise en œuvre est relativement simple et nécessite très peu de transformation. Ils ont des performances énergétiques naturelles avérées et pourtant très peu exploitées actuellement.
- La terre crue sera employée pour les murs en briques. Elle permet de réguler l’humidité et maintenir un confort thermique à l’intérieur des bâtiments. Abondante dans ces régions, elle est de plus recyclable.
- Le typha est une plante considérée comme envahissante et nuisibles pour les écosystèmes des zones humides. Elle a pourtant de grandes qualités isolantes de part sa forme tubulaire. Elle sera mise en œuvre pour la toiture de l’espace d’attente et en en panneaux isolants dans la double toiture des modules.
- Le bambou est très abondant et constitue une richesse peu exploitée. Il sera ici utilisé pour la structure porteuse de la toiture désolidarisée des modules et sous forme de tuiles en couverture, permettant la récupération des eaux de pluie.
Le réseau routier est cependant très limité et consiste principalement en des routes de terre difficilement carrossables, voire impraticables en saison des pluies. Ce manque d’infrastructures participe également à l’isolement du village. Par ailleurs, les habitants possèdent très peu de moyens de transports, il faut parfois attendre plusieurs heures / jours avant qu’un véhicule ne desserve le village.
L’accès aux soins, dispensé dans les villes voisines s’avère donc très limité. De cette situation découle de lourdes conséquences sur la santé des villageois. Les maladies les plus courantes peuvent s’aggraver, la santé des enfants est fragile, la maternité peu encadrée, les blessures engendrées par le travail agricole sont mal soignées, etc. D’autre part, la situation géographique et le climat exposent les habitants à des maladies nécessitant des soins spécifiques comme la dengue, le paludisme, etc.
Au-delà des soins concrets auxquels les villages n’ont pas accès, le manque d’information sur la santé est aussi important. Des mesures sanitaires de prévention, ou des mesures simples d’hygiène préviennent parfois des maladies, mais sans ces informations les villageois s’exposent d’autant plus à des situations qui pourraient être évitées.
Par-dessus tout, les habitants de ces villages isolés peuvent parfois être réfractaires à la médecine moderne. La médecine traditionnelle est la première forme de médecine connue par les populations et souvent la seule en laquelle ils ont réellement confiance. Ils préfèrent se soigner avec des plantes et des techniques issues d’un long héritage qu’avec des médicaments.
Le cas d’Adikouassikro peut être généralisé à l’échelle de beaucoup de villages de Côte d’Ivoire. Leur donner un accès à un équipement de santé de proximité semble primordial et urgent, c’est pourquoi nous avons choisi ce site pour l’implantation de notre projet.
PISTES DE SOLUTIONS ENVISAGEES
Amener la santé au cœur de ces petits villages est indispensable, nous avons donc choisi de proposer une forme de dispensaire qui soit facile à mettre en œuvre et peu couteuse, et pourquoi pas être adaptable à d’autres villages dans des situations similaires.
Les disciplines pratiquées seraient également adaptées en fonction des différentes pathologies observées dans chaque cas et des besoins, qui peuvent varier selon la population et la situation géographique.
Afin de favoriser la communication et le partage d’informations, ce dispensaire devra intégrer un lieu d’échange, pour injecter une dimension sociale.
Pour permettre l’acceptation de ce nouvel équipement par les habitants, la médecine traditionnelle pourrait être mise au service de la médecine moderne, assurant ainsi une perpétuation des techniques traditionnelles, tout en ajoutant les savoirs de cette médecine aux techniques actuelles et en rassurant les habitants.
AXES MAJEURS DU PROJET
Une typologie adaptable
Modules et typologies d’ouvertures
L’utilisation de modules rectangulaires simples permet de ne pas figer les salles dans une fonction précise, mais d’accueillir une variété de programmes. C’est l’aménagement intérieur et les typologies d’ouvertures qui, une fois positionnés permettront d’adapter chaque module à un usage spécifique.
Modèles de formes rurales
L’observation de l’agencement du bâti d’Adikouassikro, et de la plupart des villages de Côte d’Ivoire, révèle un habitat d’apparence dispersé mais qui en réalité s’organise par regroupements de maisons s’agençant autour d’une cour commune. Cette forme urbaine est intéressante en termes de liens sociaux. Notre projet s’inspire de cette forme pour agencer les modules, de manière non rigide et génératrice d’espaces variés.
Modèles de formes architecturales
Les dispensaires qui se construisent peu à peu dans ces régions isolées, présentent en certains points des similitudes dans leur forme architecturale. Ils consistent souvent en deux blocs reliés par un espace d’attente et de distribution couvert mais non clos, et à l’avant une galerie ouverte sur l’espace public. Nous avons choisi de réinterpréter ces deux éléments dans notre projet :
- L’agencement des modules évoqué plus haut génère un espace central que l’on peut retravailler en espace d’attente et de distribution ;
- Le principe de galerie ouverte est utilisé pour créer un espace abrité pouvant servir de lieu d’échange et d’information et créant ainsi un lien entre le bâtiment et la rue.
Dimension sociale des espaces créés
Le lieu d’échange, lien avec le village
Un espace non clos, adossé au mur de façade du dispensaire, ombragé, quelques bancs… Cela pour offrir aux habitants un endroit pour s’abriter, se rencontrer, échanger. Situé à l’entrée du dispensaire et ouvert sur le village, il permet à tous d’y passer, s’y arrêter, écouter sans avoir à rentrer dans l’équipement de santé. Un premier contact avec les plus réticents peut alors être créé, une première étape vers la sensibilisation et l’éducation des populations.
La métaphore de l’arbre à palabres
L’arbre à palabres est un lieu de rassemblement sous lequel les villageois se réunissent pour discuter. L’espace central généré par les modules se prête à cette tradition de rencontre et de lien social. Distribuant tous les modules, c’est l’endroit idéal pour l’attente et l’échange entre les patients et les accompagnateurs. La toiture joue le rôle de l’arbre à palabre, et relie les modules entre eux.
Les jardins
Délimités par deux façades de modules disposés de manière perpendiculaire d’une part, et par la végétation alentour d’autre part, les jardins offrent un espace plus intime. Les patients et leur famille et amis peuvent se retrouver à l’abri des regards, dans un cadre reposant. Depuis l’espace d’attente, des percées visuelles sur la végétation entre les modules suscitent l’intrigue et laissent dessiner la promesse d’un lieu de repos.
Des noms ethniques
On dénombre plus de 60 ethnies en Côte d’Ivoire, et autant de langues encore pratiquées, en particulier dans les villages. Il semble indispensable de nommer les modules de soins selon leur appellation dans la langue locale et ce, de manière adaptée à chaque région, chaque ethnie, les Baoulés dans le cas d’Adikouassikro. Cette attention participe de l’acceptation et l’appropriation par les populations locales.
Choix du programme
Nous avons choisi de faire un équipement de petite échelle pour répondre aux besoins primaires du village. Plutôt que de parcourir des kilomètres tant bien que mal pour rejoindre les villes, il est indispensable de pouvoir répondre sur place aux soins de premiers recours.
- Une salle de consultation pour les premiers soins – Permettre aux habitants de bénéficier d’un suivi, en particulier pour les enfants afin de réduire le taux de mortalité infantile.
- Une salle d’observation pour deux patients - Il s’agit de donner la possibilité de séjour à moyen terme, afin de suivre un patient en attente d’être transféré vers un hôpital.
- Une salle de vaccination – Les maladies comme le paludisme sont très récurrentes dans ces régions exposées à la chaleur et à l’humidité.
- Deux salles d’accouchement – Les grossesses ne bénéficient pas d’un suivi et les accouchements sont peu encadrés ce qui augmente rapidement les facteurs de risque et le taux de mortalité.
- Pharmacie – Donner l’accès aux médicaments, traditionnels ou modernes avec conseils avisés.
- Espaces fonctionnels : bureau, sanitaires, douches, salle de pause pour le personnels.
L’architecture traditionnelle au service de l’architecture moderne
Des matériaux biosourcés
L’emploi de matériaux locaux présente de nombreux avantages économiques, écologiques et éthiques. Ils n’ont pas de coût d’importation puisque présents sur place, et un coût moindre car en abondance. Leur mise en œuvre est relativement simple et nécessite très peu de transformation. Ils ont des performances énergétiques naturelles avérées et pourtant très peu exploitées actuellement.
- La terre crue sera employée pour les murs en briques. Elle permet de réguler l’humidité et maintenir un confort thermique à l’intérieur des bâtiments. Abondante dans ces régions, elle est de plus recyclable.
- Le typha est une plante considérée comme envahissante et nuisibles pour les écosystèmes des zones humides. Elle a pourtant de grandes qualités isolantes de part sa forme tubulaire. Elle sera mise en œuvre pour la toiture de l’espace d’attente et en en panneaux isolants dans la double toiture des modules.
- Le bambou est très abondant et constitue une richesse peu exploitée. Il sera ici utilisé pour la structure porteuse de la toiture désolidarisée des modules et sous forme de tuiles en couverture, permettant la récupération des eaux de pluie.
Concours Archigénieur 2020
UN DISPENSAIRE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ
Adikouassikro est un village de 1186 habitants, situé dans la région d’Agneby-Tiassa au sein du district des Lagunes, dans le sud forestier de la Côte d’ Ivoire. Comme beaucoup de villages en Côte d’Ivoire, il vit essentiellement de l’agriculture (cultures d’exportation et cultures vivrières) ce qui explique son emplacement géographique particulièrement isolé.
Le réseau routier est cependant très limité et consiste principalement en des routes de terre difficilement carrossables, voire impraticables en saison des pluies. Ce manque d’infrastructures participe également à l’isolement du village. Par ailleurs, les habitants possèdent très peu de moyens de transports, il faut parfois attendre plusieurs heures / jours avant qu’un véhicule ne desserve le village.
L’accès aux soins, dispensé dans les villes voisines s’avère donc très limité. De cette situation découle de lourdes conséquences sur la santé des villageois. Les maladies les plus courantes peuvent s’aggraver, la santé des enfants est fragile, la maternité peu encadrée, les blessures engendrées par le travail agricole sont mal soignées, etc. D’autre part, la situation géographique et le climat exposent les habitants à des maladies nécessitant des soins spécifiques comme la dengue, le paludisme, etc.
Au-delà des soins concrets auxquels les villages n’ont pas accès, le manque d’information sur la santé est aussi important. Des mesures sanitaires de prévention, ou des mesures simples d’hygiène préviennent parfois des maladies, mais sans ces informations les villageois s’exposent d’autant plus à des situations qui pourraient être évitées.
Par-dessus tout, les habitants de ces villages isolés peuvent parfois être réfractaires à la médecine moderne. La médecine traditionnelle est la première forme de médecine connue par les populations et souvent la seule en laquelle ils ont réellement confiance. Ils préfèrent se soigner avec des plantes et des techniques issues d’un long héritage qu’avec des médicaments.
Le cas d’Adikouassikro peut être généralisé à l’échelle de beaucoup de villages de Côte d’Ivoire. Leur donner un accès à un équipement de santé de proximité semble primordial et urgent, c’est pourquoi nous avons choisi ce site pour l’implantation de notre projet.
PISTES DE SOLUTIONS ENVISAGEES
Amener la santé au cœur de ces petits villages est indispensable, nous avons donc choisi de proposer une forme de dispensaire qui soit facile à mettre en œuvre et peu couteuse, et pourquoi pas être adaptable à d’autres villages dans des situations similaires.
Les disciplines pratiquées seraient également adaptées en fonction des différentes pathologies observées dans chaque cas et des besoins, qui peuvent varier selon la population et la situation géographique.
Afin de favoriser la communication et le partage d’informations, ce dispensaire devra intégrer un lieu d’échange, pour injecter une dimension sociale.
Pour permettre l’acceptation de ce nouvel équipement par les habitants, la médecine traditionnelle pourrait être mise au service de la médecine moderne, assurant ainsi une perpétuation des techniques traditionnelles, tout en ajoutant les savoirs de cette médecine aux techniques actuelles et en rassurant les habitants.
AXES MAJEURS DU PROJET
Une typologie adaptable
Modules et typologies d’ouvertures
L’utilisation de modules rectangulaires simples permet de ne pas figer les salles dans une fonction précise, mais d’accueillir une variété de programmes. C’est l’aménagement intérieur et les typologies d’ouvertures qui, une fois positionnés permettront d’adapter chaque module à un usage spécifique.
Modèles de formes rurales
L’observation de l’agencement du bâti d’Adikouassikro, et de la plupart des villages de Côte d’Ivoire, révèle un habitat d’apparence dispersé mais qui en réalité s’organise par regroupements de maisons s’agençant autour d’une cour commune. Cette forme urbaine est intéressante en termes de liens sociaux. Notre projet s’inspire de cette forme pour agencer les modules, de manière non rigide et génératrice d’espaces variés.
Modèles de formes architecturales
Les dispensaires qui se construisent peu à peu dans ces régions isolées, présentent en certains points des similitudes dans leur forme architecturale. Ils consistent souvent en deux blocs reliés par un espace d’attente et de distribution couvert mais non clos, et à l’avant une galerie ouverte sur l’espace public. Nous avons choisi de réinterpréter ces deux éléments dans notre projet :
- L’agencement des modules évoqué plus haut génère un espace central que l’on peut retravailler en espace d’attente et de distribution ;
- Le principe de galerie ouverte est utilisé pour créer un espace abrité pouvant servir de lieu d’échange et d’information et créant ainsi un lien entre le bâtiment et la rue.
Dimension sociale des espaces créés
Le lieu d’échange, lien avec le village
Un espace non clos, adossé au mur de façade du dispensaire, ombragé, quelques bancs… Cela pour offrir aux habitants un endroit pour s’abriter, se rencontrer, échanger. Situé à l’entrée du dispensaire et ouvert sur le village, il permet à tous d’y passer, s’y arrêter, écouter sans avoir à rentrer dans l’équipement de santé. Un premier contact avec les plus réticents peut alors être créé, une première étape vers la sensibilisation et l’éducation des populations.
La métaphore de l’arbre à palabres
L’arbre à palabres est un lieu de rassemblement sous lequel les villageois se réunissent pour discuter. L’espace central généré par les modules se prête à cette tradition de rencontre et de lien social. Distribuant tous les modules, c’est l’endroit idéal pour l’attente et l’échange entre les patients et les accompagnateurs. La toiture joue le rôle de l’arbre à palabre, et relie les modules entre eux.
Les jardins
Délimités par deux façades de modules disposés de manière perpendiculaire d’une part, et par la végétation alentour d’autre part, les jardins offrent un espace plus intime. Les patients et leur famille et amis peuvent se retrouver à l’abri des regards, dans un cadre reposant. Depuis l’espace d’attente, des percées visuelles sur la végétation entre les modules suscitent l’intrigue et laissent dessiner la promesse d’un lieu de repos.
Des noms ethniques
On dénombre plus de 60 ethnies en Côte d’Ivoire, et autant de langues encore pratiquées, en particulier dans les villages. Il semble indispensable de nommer les modules de soins selon leur appellation dans la langue locale et ce, de manière adaptée à chaque région, chaque ethnie, les Baoulés dans le cas d’Adikouassikro. Cette attention participe de l’acceptation et l’appropriation par les populations locales.
Choix du programme
Nous avons choisi de faire un équipement de petite échelle pour répondre aux besoins primaires du village. Plutôt que de parcourir des kilomètres tant bien que mal pour rejoindre les villes, il est indispensable de pouvoir répondre sur place aux soins de premiers recours.
- Une salle de consultation pour les premiers soins – Permettre aux habitants de bénéficier d’un suivi, en particulier pour les enfants afin de réduire le taux de mortalité infantile.
- Une salle d’observation pour deux patients - Il s’agit de donner la possibilité de séjour à moyen terme, afin de suivre un patient en attente d’être transféré vers un hôpital.
- Une salle de vaccination – Les maladies comme le paludisme sont très récurrentes dans ces régions exposées à la chaleur et à l’humidité.
- Deux salles d’accouchement – Les grossesses ne bénéficient pas d’un suivi et les accouchements sont peu encadrés ce qui augmente rapidement les facteurs de risque et le taux de mortalité.
- Pharmacie – Donner l’accès aux médicaments, traditionnels ou modernes avec conseils avisés.
- Espaces fonctionnels : bureau, sanitaires, douches, salle de pause pour le personnels.
L’architecture traditionnelle au service de l’architecture moderne
Des matériaux biosourcés
L’emploi de matériaux locaux présente de nombreux avantages économiques, écologiques et éthiques. Ils n’ont pas de coût d’importation puisque présents sur place, et un coût moindre car en abondance. Leur mise en œuvre est relativement simple et nécessite très peu de transformation. Ils ont des performances énergétiques naturelles avérées et pourtant très peu exploitées actuellement.
- La terre crue sera employée pour les murs en briques. Elle permet de réguler l’humidité et maintenir un confort thermique à l’intérieur des bâtiments. Abondante dans ces régions, elle est de plus recyclable.
- Le typha est une plante considérée comme envahissante et nuisibles pour les écosystèmes des zones humides. Elle a pourtant de grandes qualités isolantes de part sa forme tubulaire. Elle sera mise en œuvre pour la toiture de l’espace d’attente et en en panneaux isolants dans la double toiture des modules.
- Le bambou est très abondant et constitue une richesse peu exploitée. Il sera ici utilisé pour la structure porteuse de la toiture désolidarisée des modules et sous forme de tuiles en couverture, permettant la récupération des eaux de pluie.
Le réseau routier est cependant très limité et consiste principalement en des routes de terre difficilement carrossables, voire impraticables en saison des pluies. Ce manque d’infrastructures participe également à l’isolement du village. Par ailleurs, les habitants possèdent très peu de moyens de transports, il faut parfois attendre plusieurs heures / jours avant qu’un véhicule ne desserve le village.
L’accès aux soins, dispensé dans les villes voisines s’avère donc très limité. De cette situation découle de lourdes conséquences sur la santé des villageois. Les maladies les plus courantes peuvent s’aggraver, la santé des enfants est fragile, la maternité peu encadrée, les blessures engendrées par le travail agricole sont mal soignées, etc. D’autre part, la situation géographique et le climat exposent les habitants à des maladies nécessitant des soins spécifiques comme la dengue, le paludisme, etc.
Au-delà des soins concrets auxquels les villages n’ont pas accès, le manque d’information sur la santé est aussi important. Des mesures sanitaires de prévention, ou des mesures simples d’hygiène préviennent parfois des maladies, mais sans ces informations les villageois s’exposent d’autant plus à des situations qui pourraient être évitées.
Par-dessus tout, les habitants de ces villages isolés peuvent parfois être réfractaires à la médecine moderne. La médecine traditionnelle est la première forme de médecine connue par les populations et souvent la seule en laquelle ils ont réellement confiance. Ils préfèrent se soigner avec des plantes et des techniques issues d’un long héritage qu’avec des médicaments.
Le cas d’Adikouassikro peut être généralisé à l’échelle de beaucoup de villages de Côte d’Ivoire. Leur donner un accès à un équipement de santé de proximité semble primordial et urgent, c’est pourquoi nous avons choisi ce site pour l’implantation de notre projet.
PISTES DE SOLUTIONS ENVISAGEES
Amener la santé au cœur de ces petits villages est indispensable, nous avons donc choisi de proposer une forme de dispensaire qui soit facile à mettre en œuvre et peu couteuse, et pourquoi pas être adaptable à d’autres villages dans des situations similaires.
Les disciplines pratiquées seraient également adaptées en fonction des différentes pathologies observées dans chaque cas et des besoins, qui peuvent varier selon la population et la situation géographique.
Afin de favoriser la communication et le partage d’informations, ce dispensaire devra intégrer un lieu d’échange, pour injecter une dimension sociale.
Pour permettre l’acceptation de ce nouvel équipement par les habitants, la médecine traditionnelle pourrait être mise au service de la médecine moderne, assurant ainsi une perpétuation des techniques traditionnelles, tout en ajoutant les savoirs de cette médecine aux techniques actuelles et en rassurant les habitants.
AXES MAJEURS DU PROJET
Une typologie adaptable
Modules et typologies d’ouvertures
L’utilisation de modules rectangulaires simples permet de ne pas figer les salles dans une fonction précise, mais d’accueillir une variété de programmes. C’est l’aménagement intérieur et les typologies d’ouvertures qui, une fois positionnés permettront d’adapter chaque module à un usage spécifique.
Modèles de formes rurales
L’observation de l’agencement du bâti d’Adikouassikro, et de la plupart des villages de Côte d’Ivoire, révèle un habitat d’apparence dispersé mais qui en réalité s’organise par regroupements de maisons s’agençant autour d’une cour commune. Cette forme urbaine est intéressante en termes de liens sociaux. Notre projet s’inspire de cette forme pour agencer les modules, de manière non rigide et génératrice d’espaces variés.
Modèles de formes architecturales
Les dispensaires qui se construisent peu à peu dans ces régions isolées, présentent en certains points des similitudes dans leur forme architecturale. Ils consistent souvent en deux blocs reliés par un espace d’attente et de distribution couvert mais non clos, et à l’avant une galerie ouverte sur l’espace public. Nous avons choisi de réinterpréter ces deux éléments dans notre projet :
- L’agencement des modules évoqué plus haut génère un espace central que l’on peut retravailler en espace d’attente et de distribution ;
- Le principe de galerie ouverte est utilisé pour créer un espace abrité pouvant servir de lieu d’échange et d’information et créant ainsi un lien entre le bâtiment et la rue.
Dimension sociale des espaces créés
Le lieu d’échange, lien avec le village
Un espace non clos, adossé au mur de façade du dispensaire, ombragé, quelques bancs… Cela pour offrir aux habitants un endroit pour s’abriter, se rencontrer, échanger. Situé à l’entrée du dispensaire et ouvert sur le village, il permet à tous d’y passer, s’y arrêter, écouter sans avoir à rentrer dans l’équipement de santé. Un premier contact avec les plus réticents peut alors être créé, une première étape vers la sensibilisation et l’éducation des populations.
La métaphore de l’arbre à palabres
L’arbre à palabres est un lieu de rassemblement sous lequel les villageois se réunissent pour discuter. L’espace central généré par les modules se prête à cette tradition de rencontre et de lien social. Distribuant tous les modules, c’est l’endroit idéal pour l’attente et l’échange entre les patients et les accompagnateurs. La toiture joue le rôle de l’arbre à palabre, et relie les modules entre eux.
Les jardins
Délimités par deux façades de modules disposés de manière perpendiculaire d’une part, et par la végétation alentour d’autre part, les jardins offrent un espace plus intime. Les patients et leur famille et amis peuvent se retrouver à l’abri des regards, dans un cadre reposant. Depuis l’espace d’attente, des percées visuelles sur la végétation entre les modules suscitent l’intrigue et laissent dessiner la promesse d’un lieu de repos.
Des noms ethniques
On dénombre plus de 60 ethnies en Côte d’Ivoire, et autant de langues encore pratiquées, en particulier dans les villages. Il semble indispensable de nommer les modules de soins selon leur appellation dans la langue locale et ce, de manière adaptée à chaque région, chaque ethnie, les Baoulés dans le cas d’Adikouassikro. Cette attention participe de l’acceptation et l’appropriation par les populations locales.
Choix du programme
Nous avons choisi de faire un équipement de petite échelle pour répondre aux besoins primaires du village. Plutôt que de parcourir des kilomètres tant bien que mal pour rejoindre les villes, il est indispensable de pouvoir répondre sur place aux soins de premiers recours.
- Une salle de consultation pour les premiers soins – Permettre aux habitants de bénéficier d’un suivi, en particulier pour les enfants afin de réduire le taux de mortalité infantile.
- Une salle d’observation pour deux patients - Il s’agit de donner la possibilité de séjour à moyen terme, afin de suivre un patient en attente d’être transféré vers un hôpital.
- Une salle de vaccination – Les maladies comme le paludisme sont très récurrentes dans ces régions exposées à la chaleur et à l’humidité.
- Deux salles d’accouchement – Les grossesses ne bénéficient pas d’un suivi et les accouchements sont peu encadrés ce qui augmente rapidement les facteurs de risque et le taux de mortalité.
- Pharmacie – Donner l’accès aux médicaments, traditionnels ou modernes avec conseils avisés.
- Espaces fonctionnels : bureau, sanitaires, douches, salle de pause pour le personnels.
L’architecture traditionnelle au service de l’architecture moderne
Des matériaux biosourcés
L’emploi de matériaux locaux présente de nombreux avantages économiques, écologiques et éthiques. Ils n’ont pas de coût d’importation puisque présents sur place, et un coût moindre car en abondance. Leur mise en œuvre est relativement simple et nécessite très peu de transformation. Ils ont des performances énergétiques naturelles avérées et pourtant très peu exploitées actuellement.
- La terre crue sera employée pour les murs en briques. Elle permet de réguler l’humidité et maintenir un confort thermique à l’intérieur des bâtiments. Abondante dans ces régions, elle est de plus recyclable.
- Le typha est une plante considérée comme envahissante et nuisibles pour les écosystèmes des zones humides. Elle a pourtant de grandes qualités isolantes de part sa forme tubulaire. Elle sera mise en œuvre pour la toiture de l’espace d’attente et en en panneaux isolants dans la double toiture des modules.
- Le bambou est très abondant et constitue une richesse peu exploitée. Il sera ici utilisé pour la structure porteuse de la toiture désolidarisée des modules et sous forme de tuiles en couverture, permettant la récupération des eaux de pluie.