Concours Archigénieur 2020

UN DISPENSAIRE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ

Adi­kouas­si­kro est un vil­lage de 1186 habi­tants, situé dans la région d’Agneby-Tiassa au sein du dis­trict des Lagunes, dans le sud fores­tier de la Côte d’ Ivoire. Comme beau­coup de vil­lages en Côte d’Ivoire, il vit essen­tiel­le­ment de l’agri­cul­ture (cultures d’expor­ta­tion et cultures vivrières) ce qui explique son empla­ce­ment géo­gra­phique par­ti­cu­liè­re­ment isolé.

Le réseau rou­tier est cepen­dant très limité et consiste prin­ci­pa­le­ment en des routes de terre dif­fi­ci­le­ment car­ros­sables, voire impra­ti­cables en saison des pluies. Ce manque d’infra­struc­tures par­ti­cipe éga­le­ment à l’iso­le­ment du vil­lage. Par ailleurs, les habi­tants pos­sèdent très peu de moyens de trans­ports, il faut par­fois attendre plu­sieurs heures / jours avant qu’un véhi­cule ne des­serve le vil­lage.

L’accès aux soins, dis­pensé dans les villes voi­sines s’avère donc très limité. De cette situa­tion découle de lourdes consé­quences sur la santé des vil­la­geois. Les mala­dies les plus cou­rantes peuvent s’aggra­ver, la santé des enfants est fra­gile, la mater­nité peu enca­drée, les bles­sures engen­drées par le tra­vail agri­cole sont mal soi­gnées, etc. D’autre part, la situa­tion géo­gra­phique et le climat exposent les habi­tants à des mala­dies néces­si­tant des soins spé­ci­fiques comme la dengue, le palu­disme, etc.

Au-delà des soins concrets aux­quels les vil­lages n’ont pas accès, le manque d’infor­ma­tion sur la santé est aussi impor­tant. Des mesures sani­taires de pré­ven­tion, ou des mesures simples d’hygiène pré­viennent par­fois des mala­dies, mais sans ces infor­ma­tions les vil­la­geois s’exposent d’autant plus à des situa­tions qui pour­raient être évi­tées.

Par-dessus tout, les habi­tants de ces vil­lages isolés peuvent par­fois être réfrac­taires à la méde­cine moderne. La méde­cine tra­di­tion­nelle est la pre­mière forme de méde­cine connue par les popu­la­tions et sou­vent la seule en laquelle ils ont réel­le­ment confiance. Ils pré­fèrent se soi­gner avec des plantes et des tech­niques issues d’un long héri­tage qu’avec des médi­ca­ments.

Le cas d’Adi­kouas­si­kro peut être géné­ra­lisé à l’échelle de beau­coup de vil­lages de Côte d’Ivoire. Leur donner un accès à un équi­pe­ment de santé de proxi­mité semble pri­mor­dial et urgent, c’est pour­quoi nous avons choisi ce site pour l’implan­ta­tion de notre projet.

PISTES DE SOLU­TIONS ENVI­SA­GEES

Amener la santé au cœur de ces petits vil­lages est indis­pen­sable, nous avons donc choisi de pro­po­ser une forme de dis­pen­saire qui soit facile à mettre en œuvre et peu cou­teuse, et pour­quoi pas être adap­table à d’autres vil­lages dans des situa­tions simi­laires.

Les dis­ci­plines pra­ti­quées seraient éga­le­ment adap­tées en fonc­tion des dif­fé­rentes patho­lo­gies obser­vées dans chaque cas et des besoins, qui peuvent varier selon la popu­la­tion et la situa­tion géo­gra­phique.

Afin de favo­ri­ser la com­mu­ni­ca­tion et le par­tage d’infor­ma­tions, ce dis­pen­saire devra inté­grer un lieu d’échange, pour injec­ter une dimen­sion sociale.

Pour per­mettre l’accep­ta­tion de ce nouvel équi­pe­ment par les habi­tants, la méde­cine tra­di­tion­nelle pour­rait être mise au ser­vice de la méde­cine moderne, assu­rant ainsi une per­pé­tua­tion des tech­niques tra­di­tion­nelles, tout en ajou­tant les savoirs de cette méde­cine aux tech­niques actuelles et en ras­su­rant les habi­tants.

AXES MAJEURS DU PROJET

Une typo­lo­gie adap­table

Modules et typo­lo­gies d’ouver­tures
L’uti­li­sa­tion de modules rec­tan­gu­laires simples permet de ne pas figer les salles dans une fonc­tion pré­cise, mais d’accueillir une variété de pro­grammes. C’est l’amé­na­ge­ment inté­rieur et les typo­lo­gies d’ouver­tures qui, une fois posi­tion­nés per­met­tront d’adap­ter chaque module à un usage spé­ci­fique.

Modèles de formes rurales
L’obser­va­tion de l’agen­ce­ment du bâti d’Adi­kouas­si­kro, et de la plu­part des vil­lages de Côte d’Ivoire, révèle un habi­tat d’appa­rence dis­persé mais qui en réa­lité s’orga­nise par regrou­pe­ments de mai­sons s’agen­çant autour d’une cour com­mune. Cette forme urbaine est inté­res­sante en termes de liens sociaux. Notre projet s’ins­pire de cette forme pour agen­cer les modules, de manière non rigide et géné­ra­trice d’espaces variés.

Modèles de formes archi­tec­tu­rales
Les dis­pen­saires qui se construisent peu à peu dans ces régions iso­lées, pré­sentent en cer­tains points des simi­li­tudes dans leur forme archi­tec­tu­rale. Ils consistent sou­vent en deux blocs reliés par un espace d’attente et de dis­tri­bu­tion cou­vert mais non clos, et à l’avant une gale­rie ouverte sur l’espace public. Nous avons choisi de réin­ter­pré­ter ces deux élé­ments dans notre projet :
- L’agen­ce­ment des modules évoqué plus haut génère un espace cen­tral que l’on peut retra­vailler en espace d’attente et de dis­tri­bu­tion ;
- Le prin­cipe de gale­rie ouverte est uti­lisé pour créer un espace abrité pou­vant servir de lieu d’échange et d’infor­ma­tion et créant ainsi un lien entre le bâti­ment et la rue.

Dimen­sion sociale des espaces créés

Le lieu d’échange, lien avec le vil­lage
Un espace non clos, adossé au mur de façade du dis­pen­saire, ombragé, quelques bancs… Cela pour offrir aux habi­tants un endroit pour s’abri­ter, se ren­con­trer, échan­ger. Situé à l’entrée du dis­pen­saire et ouvert sur le vil­lage, il permet à tous d’y passer, s’y arrê­ter, écou­ter sans avoir à ren­trer dans l’équi­pe­ment de santé. Un pre­mier contact avec les plus réti­cents peut alors être créé, une pre­mière étape vers la sen­si­bi­li­sa­tion et l’édu­ca­tion des popu­la­tions.

La méta­phore de l’arbre à palabres
L’arbre à palabres est un lieu de ras­sem­ble­ment sous lequel les vil­la­geois se réunissent pour dis­cu­ter. L’espace cen­tral généré par les modules se prête à cette tra­di­tion de ren­contre et de lien social. Dis­tri­buant tous les modules, c’est l’endroit idéal pour l’attente et l’échange entre les patients et les accom­pa­gna­teurs. La toi­ture joue le rôle de l’arbre à palabre, et relie les modules entre eux.

Les jar­dins
Déli­mi­tés par deux façades de modules dis­po­sés de manière per­pen­di­cu­laire d’une part, et par la végé­ta­tion alen­tour d’autre part, les jar­dins offrent un espace plus intime. Les patients et leur famille et amis peuvent se retrou­ver à l’abri des regards, dans un cadre repo­sant. Depuis l’espace d’attente, des per­cées visuelles sur la végé­ta­tion entre les modules sus­citent l’intrigue et laissent des­si­ner la pro­messe d’un lieu de repos.

Des noms eth­niques
On dénombre plus de 60 eth­nies en Côte d’Ivoire, et autant de langues encore pra­ti­quées, en par­ti­cu­lier dans les vil­lages. Il semble indis­pen­sable de nommer les modules de soins selon leur appel­la­tion dans la langue locale et ce, de manière adap­tée à chaque région, chaque ethnie, les Baou­lés dans le cas d’Adi­kouas­si­kro. Cette atten­tion par­ti­cipe de l’accep­ta­tion et l’appro­pria­tion par les popu­la­tions locales.

Choix du pro­gramme

Nous avons choisi de faire un équi­pe­ment de petite échelle pour répondre aux besoins pri­maires du vil­lage. Plutôt que de par­cou­rir des kilo­mètres tant bien que mal pour rejoindre les villes, il est indis­pen­sable de pou­voir répondre sur place aux soins de pre­miers recours.

- Une salle de consul­ta­tion pour les pre­miers soins – Per­mettre aux habi­tants de béné­fi­cier d’un suivi, en par­ti­cu­lier pour les enfants afin de réduire le taux de mor­ta­lité infan­tile.

- Une salle d’obser­va­tion pour deux patients - Il s’agit de donner la pos­si­bi­lité de séjour à moyen terme, afin de suivre un patient en attente d’être trans­féré vers un hôpi­tal.

- Une salle de vac­ci­na­tion – Les mala­dies comme le palu­disme sont très récur­rentes dans ces régions expo­sées à la cha­leur et à l’humi­dité.

- Deux salles d’accou­che­ment – Les gros­sesses ne béné­fi­cient pas d’un suivi et les accou­che­ments sont peu enca­drés ce qui aug­mente rapi­de­ment les fac­teurs de risque et le taux de mor­ta­lité.

- Phar­ma­cie – Donner l’accès aux médi­ca­ments, tra­di­tion­nels ou modernes avec conseils avisés.

- Espaces fonc­tion­nels : bureau, sani­taires, douches, salle de pause pour le per­son­nels.

L’archi­tec­ture tra­di­tion­nelle au ser­vice de l’archi­tec­ture moderne

Des maté­riaux bio­sour­cés
L’emploi de maté­riaux locaux pré­sente de nom­breux avan­tages éco­no­miques, éco­lo­giques et éthiques. Ils n’ont pas de coût d’impor­ta­tion puisque pré­sents sur place, et un coût moindre car en abon­dance. Leur mise en œuvre est rela­ti­ve­ment simple et néces­site très peu de trans­for­ma­tion. Ils ont des per­for­mances éner­gé­tiques natu­relles avé­rées et pour­tant très peu exploi­tées actuel­le­ment.

- La terre crue sera employée pour les murs en briques. Elle permet de régu­ler l’humi­dité et main­te­nir un confort ther­mique à l’inté­rieur des bâti­ments. Abon­dante dans ces régions, elle est de plus recy­clable.

- Le typha est une plante consi­dé­rée comme enva­his­sante et nui­sibles pour les éco­sys­tèmes des zones humides. Elle a pour­tant de grandes qua­li­tés iso­lantes de part sa forme tubu­laire. Elle sera mise en œuvre pour la toi­ture de l’espace d’attente et en en pan­neaux iso­lants dans la double toi­ture des modules.

- Le bambou est très abon­dant et consti­tue une richesse peu exploi­tée. Il sera ici uti­lisé pour la struc­ture por­teuse de la toi­ture déso­li­da­ri­sée des modules et sous forme de tuiles en cou­ver­ture, per­met­tant la récu­pé­ra­tion des eaux de pluie.

Concours Archigénieur 2020

UN DISPENSAIRE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ

Adi­kouas­si­kro est un vil­lage de 1186 habi­tants, situé dans la région d’Agneby-Tiassa au sein du dis­trict des Lagunes, dans le sud fores­tier de la Côte d’ Ivoire. Comme beau­coup de vil­lages en Côte d’Ivoire, il vit essen­tiel­le­ment de l’agri­cul­ture (cultures d’expor­ta­tion et cultures vivrières) ce qui explique son empla­ce­ment géo­gra­phique par­ti­cu­liè­re­ment isolé.

Le réseau rou­tier est cepen­dant très limité et consiste prin­ci­pa­le­ment en des routes de terre dif­fi­ci­le­ment car­ros­sables, voire impra­ti­cables en saison des pluies. Ce manque d’infra­struc­tures par­ti­cipe éga­le­ment à l’iso­le­ment du vil­lage. Par ailleurs, les habi­tants pos­sèdent très peu de moyens de trans­ports, il faut par­fois attendre plu­sieurs heures / jours avant qu’un véhi­cule ne des­serve le vil­lage.

L’accès aux soins, dis­pensé dans les villes voi­sines s’avère donc très limité. De cette situa­tion découle de lourdes consé­quences sur la santé des vil­la­geois. Les mala­dies les plus cou­rantes peuvent s’aggra­ver, la santé des enfants est fra­gile, la mater­nité peu enca­drée, les bles­sures engen­drées par le tra­vail agri­cole sont mal soi­gnées, etc. D’autre part, la situa­tion géo­gra­phique et le climat exposent les habi­tants à des mala­dies néces­si­tant des soins spé­ci­fiques comme la dengue, le palu­disme, etc.

Au-delà des soins concrets aux­quels les vil­lages n’ont pas accès, le manque d’infor­ma­tion sur la santé est aussi impor­tant. Des mesures sani­taires de pré­ven­tion, ou des mesures simples d’hygiène pré­viennent par­fois des mala­dies, mais sans ces infor­ma­tions les vil­la­geois s’exposent d’autant plus à des situa­tions qui pour­raient être évi­tées.

Par-dessus tout, les habi­tants de ces vil­lages isolés peuvent par­fois être réfrac­taires à la méde­cine moderne. La méde­cine tra­di­tion­nelle est la pre­mière forme de méde­cine connue par les popu­la­tions et sou­vent la seule en laquelle ils ont réel­le­ment confiance. Ils pré­fèrent se soi­gner avec des plantes et des tech­niques issues d’un long héri­tage qu’avec des médi­ca­ments.

Le cas d’Adi­kouas­si­kro peut être géné­ra­lisé à l’échelle de beau­coup de vil­lages de Côte d’Ivoire. Leur donner un accès à un équi­pe­ment de santé de proxi­mité semble pri­mor­dial et urgent, c’est pour­quoi nous avons choisi ce site pour l’implan­ta­tion de notre projet.

PISTES DE SOLU­TIONS ENVI­SA­GEES

Amener la santé au cœur de ces petits vil­lages est indis­pen­sable, nous avons donc choisi de pro­po­ser une forme de dis­pen­saire qui soit facile à mettre en œuvre et peu cou­teuse, et pour­quoi pas être adap­table à d’autres vil­lages dans des situa­tions simi­laires.

Les dis­ci­plines pra­ti­quées seraient éga­le­ment adap­tées en fonc­tion des dif­fé­rentes patho­lo­gies obser­vées dans chaque cas et des besoins, qui peuvent varier selon la popu­la­tion et la situa­tion géo­gra­phique.

Afin de favo­ri­ser la com­mu­ni­ca­tion et le par­tage d’infor­ma­tions, ce dis­pen­saire devra inté­grer un lieu d’échange, pour injec­ter une dimen­sion sociale.

Pour per­mettre l’accep­ta­tion de ce nouvel équi­pe­ment par les habi­tants, la méde­cine tra­di­tion­nelle pour­rait être mise au ser­vice de la méde­cine moderne, assu­rant ainsi une per­pé­tua­tion des tech­niques tra­di­tion­nelles, tout en ajou­tant les savoirs de cette méde­cine aux tech­niques actuelles et en ras­su­rant les habi­tants.

AXES MAJEURS DU PROJET

Une typo­lo­gie adap­table

Modules et typo­lo­gies d’ouver­tures
L’uti­li­sa­tion de modules rec­tan­gu­laires simples permet de ne pas figer les salles dans une fonc­tion pré­cise, mais d’accueillir une variété de pro­grammes. C’est l’amé­na­ge­ment inté­rieur et les typo­lo­gies d’ouver­tures qui, une fois posi­tion­nés per­met­tront d’adap­ter chaque module à un usage spé­ci­fique.

Modèles de formes rurales
L’obser­va­tion de l’agen­ce­ment du bâti d’Adi­kouas­si­kro, et de la plu­part des vil­lages de Côte d’Ivoire, révèle un habi­tat d’appa­rence dis­persé mais qui en réa­lité s’orga­nise par regrou­pe­ments de mai­sons s’agen­çant autour d’une cour com­mune. Cette forme urbaine est inté­res­sante en termes de liens sociaux. Notre projet s’ins­pire de cette forme pour agen­cer les modules, de manière non rigide et géné­ra­trice d’espaces variés.

Modèles de formes archi­tec­tu­rales
Les dis­pen­saires qui se construisent peu à peu dans ces régions iso­lées, pré­sentent en cer­tains points des simi­li­tudes dans leur forme archi­tec­tu­rale. Ils consistent sou­vent en deux blocs reliés par un espace d’attente et de dis­tri­bu­tion cou­vert mais non clos, et à l’avant une gale­rie ouverte sur l’espace public. Nous avons choisi de réin­ter­pré­ter ces deux élé­ments dans notre projet :
- L’agen­ce­ment des modules évoqué plus haut génère un espace cen­tral que l’on peut retra­vailler en espace d’attente et de dis­tri­bu­tion ;
- Le prin­cipe de gale­rie ouverte est uti­lisé pour créer un espace abrité pou­vant servir de lieu d’échange et d’infor­ma­tion et créant ainsi un lien entre le bâti­ment et la rue.

Dimen­sion sociale des espaces créés

Le lieu d’échange, lien avec le vil­lage
Un espace non clos, adossé au mur de façade du dis­pen­saire, ombragé, quelques bancs… Cela pour offrir aux habi­tants un endroit pour s’abri­ter, se ren­con­trer, échan­ger. Situé à l’entrée du dis­pen­saire et ouvert sur le vil­lage, il permet à tous d’y passer, s’y arrê­ter, écou­ter sans avoir à ren­trer dans l’équi­pe­ment de santé. Un pre­mier contact avec les plus réti­cents peut alors être créé, une pre­mière étape vers la sen­si­bi­li­sa­tion et l’édu­ca­tion des popu­la­tions.

La méta­phore de l’arbre à palabres
L’arbre à palabres est un lieu de ras­sem­ble­ment sous lequel les vil­la­geois se réunissent pour dis­cu­ter. L’espace cen­tral généré par les modules se prête à cette tra­di­tion de ren­contre et de lien social. Dis­tri­buant tous les modules, c’est l’endroit idéal pour l’attente et l’échange entre les patients et les accom­pa­gna­teurs. La toi­ture joue le rôle de l’arbre à palabre, et relie les modules entre eux.

Les jar­dins
Déli­mi­tés par deux façades de modules dis­po­sés de manière per­pen­di­cu­laire d’une part, et par la végé­ta­tion alen­tour d’autre part, les jar­dins offrent un espace plus intime. Les patients et leur famille et amis peuvent se retrou­ver à l’abri des regards, dans un cadre repo­sant. Depuis l’espace d’attente, des per­cées visuelles sur la végé­ta­tion entre les modules sus­citent l’intrigue et laissent des­si­ner la pro­messe d’un lieu de repos.

Des noms eth­niques
On dénombre plus de 60 eth­nies en Côte d’Ivoire, et autant de langues encore pra­ti­quées, en par­ti­cu­lier dans les vil­lages. Il semble indis­pen­sable de nommer les modules de soins selon leur appel­la­tion dans la langue locale et ce, de manière adap­tée à chaque région, chaque ethnie, les Baou­lés dans le cas d’Adi­kouas­si­kro. Cette atten­tion par­ti­cipe de l’accep­ta­tion et l’appro­pria­tion par les popu­la­tions locales.

Choix du pro­gramme

Nous avons choisi de faire un équi­pe­ment de petite échelle pour répondre aux besoins pri­maires du vil­lage. Plutôt que de par­cou­rir des kilo­mètres tant bien que mal pour rejoindre les villes, il est indis­pen­sable de pou­voir répondre sur place aux soins de pre­miers recours.

- Une salle de consul­ta­tion pour les pre­miers soins – Per­mettre aux habi­tants de béné­fi­cier d’un suivi, en par­ti­cu­lier pour les enfants afin de réduire le taux de mor­ta­lité infan­tile.

- Une salle d’obser­va­tion pour deux patients - Il s’agit de donner la pos­si­bi­lité de séjour à moyen terme, afin de suivre un patient en attente d’être trans­féré vers un hôpi­tal.

- Une salle de vac­ci­na­tion – Les mala­dies comme le palu­disme sont très récur­rentes dans ces régions expo­sées à la cha­leur et à l’humi­dité.

- Deux salles d’accou­che­ment – Les gros­sesses ne béné­fi­cient pas d’un suivi et les accou­che­ments sont peu enca­drés ce qui aug­mente rapi­de­ment les fac­teurs de risque et le taux de mor­ta­lité.

- Phar­ma­cie – Donner l’accès aux médi­ca­ments, tra­di­tion­nels ou modernes avec conseils avisés.

- Espaces fonc­tion­nels : bureau, sani­taires, douches, salle de pause pour le per­son­nels.

L’archi­tec­ture tra­di­tion­nelle au ser­vice de l’archi­tec­ture moderne

Des maté­riaux bio­sour­cés
L’emploi de maté­riaux locaux pré­sente de nom­breux avan­tages éco­no­miques, éco­lo­giques et éthiques. Ils n’ont pas de coût d’impor­ta­tion puisque pré­sents sur place, et un coût moindre car en abon­dance. Leur mise en œuvre est rela­ti­ve­ment simple et néces­site très peu de trans­for­ma­tion. Ils ont des per­for­mances éner­gé­tiques natu­relles avé­rées et pour­tant très peu exploi­tées actuel­le­ment.

- La terre crue sera employée pour les murs en briques. Elle permet de régu­ler l’humi­dité et main­te­nir un confort ther­mique à l’inté­rieur des bâti­ments. Abon­dante dans ces régions, elle est de plus recy­clable.

- Le typha est une plante consi­dé­rée comme enva­his­sante et nui­sibles pour les éco­sys­tèmes des zones humides. Elle a pour­tant de grandes qua­li­tés iso­lantes de part sa forme tubu­laire. Elle sera mise en œuvre pour la toi­ture de l’espace d’attente et en en pan­neaux iso­lants dans la double toi­ture des modules.

- Le bambou est très abon­dant et consti­tue une richesse peu exploi­tée. Il sera ici uti­lisé pour la struc­ture por­teuse de la toi­ture déso­li­da­ri­sée des modules et sous forme de tuiles en cou­ver­ture, per­met­tant la récu­pé­ra­tion des eaux de pluie.